Quatre principaux messages se dégagent du rapport
1. Des agent·es attaché·es à leurs missions de service public, mais empêché·es de bien faire leur travail : si les agent·es des services publics sont conscient·es du caractère essentiel de leur métier, ils et elles se sentent fréquemment dans l’incapacité à mener à bien leurs missions. 41 % des répondant‧es de la fonction publique hospitalière (FPH) déclarent sacrifier souvent ou très fréquemment la qualité de leur travail. C’est le cas de près d’un tiers de leurs homologues de la fonction publique territoriale (FPT) et de la fonction publique d’Etat (FPE).
2. Des collectifs qui font tenir mais sont fragilisés : les collectifs de travail constituent un déterminant clé du bien-être au travail. Trois éléments apparaissent particulièrement déterminants pour la qualité du collectif de travail : une bonne entente avec les collègues, le partage d’une vision commune du service public et l’absence de concurrence au sein de l’équipe. Ces collectifs sont toutefois mis à mal par l’insuffisance des effectifs, par des turnovers inadaptés, ou encore par des conditions d’accueil insatisfaisantes.
3. Des divergences de vécu entre encadrant·es ou non, une convergence de vision entre collègues : la qualité de la relation hiérarchique est un déterminant majeur du bien-être au travail, mais le vécu de celle-ci diffère selon la position des agent·es. La cohésion est plus forte entre collègues qu’avec la hiérarchie, tant sur la vision du service public que sur la possibilité d’exprimer des désaccords ou de solliciter de l’aide en cas de difficulté.
4. Un écart aux consignes qui apparaît comme un recours pour préserver le sens de son travail. La possibilité de s'écarter ponctuellement des consignes apparaît pour une partie des répondant·es comme une manière de préserver la qualité du travail et de rester fidèle aux exigences de leur métier. Le fait d’enfreindre des ordres hiérarchiques ne relève alors pas d’une indiscipline personnelle, mais apparaît comme l'expression d'une responsabilité professionnelle.
Ces résultats soulignent le fait que la réappropriation des modalités d’organisation du travail par les agents publics est un enjeu à la fois pour la qualité des services publics et pour le bien-être au travail de ses agent·es. L’enquête souligne que les questions sur les moyens des services publics et celles sur l'organisation du travail ne s'opposent pas mais se combinent. Stabiliser les équipes de travail, recruter des agent·es en nombre suffisant, mieux accompagner les prises de poste, donner aux encadrant·es les moyens de réunir leurs équipes ou encore favoriser l'expression des désaccords et leur prise en compte effective constituent autant de pistes possibles mises en évidence par l’enquête pour renforcer les collectifs de travail, restaurer la capacité des agent·es public·ques à accomplir leurs missions dans de bonnes conditions et leur donner les moyens de leur engagement pour le service public.